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اختلاف مسکو و واشنگتن درباره اوکراین[بوردیون ایو ، لزکو (فرانسه)، 10ژانویه2022]

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مذاکرات نه چندان امیدوارکننده ای در ژنو درباره اوکراین بین مسکو و واشنگتن آغاز شده است. کرملین می خواهد که ناتو تقریباً به مرزهای خود درسال 1997 ، زمانی که هیچ کشور اروپای مرکزی و شرقی عضو آن نبود، عقب نشینی کند.

1-مذاکرات نه چندان امیدوارکننده ای در ژنو درباره اوکراین بین مسکو و واشنگتن آغاز شده است. کرملین می خواهد که ناتو تقریباً به مرزهای خود  درسال 1997 ، زمانی که هیچ کشور اروپای مرکزی و شرقی عضو آن نبود، عقب نشینی کند.
2- هیأت امریکایی پس از هشت ساعت مذاکره اعلام کرد که «اگر روسیه اقدامات کاهش تنش را انجام دهد، می‌توانیم پیشرفت کنیم.» با این حال، خواسته های ولادیمیر پوتین قبلاً توسط چندین مقام غربی و حتی وزیر دفاع سوئد که عضو ناتو نیست، «غیرقابل قبول»خوانده شده بود.
3- سرگئی ریابکوف در رأس هیئتی در ژنو در برابرهمتای خود، وندی شرمن، با تصریح هدف کرملین گفت: «زمان بازگشت ناتو به مرزهای 1997 فرا رسیده است.»
4- کرملین تصریح می کند که این معاهده باید هرگونه حضور دائمی نیروهای امریکایی را  در این کشورها ممنوع کند.
5- کرملین بدون این که بخواهد کشورهای اروپای مرکزی و شرقی را که قبلاً عضو پیمان ورشو بودند، دوباره جذب کند، خواستار خنثی کردن آنها است و تا حدودی می خواهد مفهوم «فنلاندسازی» را به وجود آورد تا کشوری را که در سایه یک همسایه تهدیدآمیز از هرگونه سیاست خارجی مستقل محروم است، تداعی کند.
6- واشنگتن که اعلام کرده است هرگونه تعهد برای خروج نیروهایش از اروپای مرکزی و شرقی غیرقابل تصور است، امیدوار است با پیشنهاد به مسکو برای از سرگیری گفتگوها درباره کنترل تسلیحات متقابل، برای «محدود کردن فعالیت‌ها و استقرار موشک ها در منطقه »، بحران را خنثی کند.
7- وزیر امور خارجه امریکا گفت که واشنگتن و متحدانش، تحریم‌های اقتصادی «مخرب و بی‌سابقه‌ای» را وضع خواهند کرد.مقامات امریکایی گفتند که این تحریم‌ها می‌تواند صادرات کالاها و خدمات امریکایی را در زمینه دفاع، هوانوردی غیرنظامی یا فناوری پیشرفته به روسیه ممنوع کند. همچنین شرکت‌های روسی را از سیستم پرداخت سریع بین‌المللی حذف و راه‌اندازی خط لوله گاز نورد استریم 2  رامتوقف کند.
اداره کل رسانه های خارجی
ترجمه سیده هاجر محسنیان

Moscou et Washington aux antipodes sur l'Ukraine
Les négociations à Genève sur l'Ukraine entre Moscou et Washington ont débuté sous des auspices peu encourageants. Le Kremlin affiche la volonté de voir l'Otan quasiment reculer sur ses frontières de 1997, quand aucun pays d'Europe centrale et orientale n'en était membre.
    

Par Yves Bourdillon

Publié le 10 janv. 2022 à 18:59Mis à jour le 10 janv. 2022 à 19:09
Annuler d'un coup de stylo rien moins que les principales conséquences de la dissolution du bloc soviétique il y a trente ans. Telle semble l'ambition du Kremlin, au début des négociations sur l'Ukraine avec les Etats-Unis, dont la première journée s'est achevée ce lundi à Genève.

Des discussions conclues sur une note relativement optimiste des deux parties, la délégation russe se montrant satisfaite du « sérieux » avec lequel la partie américaine avait accueilli ses demandes. La délégation américaine, pour sa part, a estimé, après huit heures de négociations, que « nous pourrons progresser si la Russie prend des mesures de désescalade ».

Les exigences de Vladimir Poutine avaient pourtant auparavant été qualifiées d'« inacceptables » par plusieurs responsables occidentaux, et même, lundi, par Peter Hultqvist, le ministre de la Défense de la Suède, qui n'est pourtant pas membre de l'Otan. Elles ressemblent en tout cas à un ultimatum. Préférant négocier avec un « calibre » en main , la Russie a massé 100.000 soldats, appuyés par des équipements lourds (missiles, blindés, avions, hélicoptères, navires) aux frontières de l'Ukraine, qu'elle menace d'envahir si Washington ne prend pas en compte ses exigences s ous la forme de la signature de deux traités.

Faire reculer l'Otan
L'un garantirait que l'Alliance atlantique n'accepterait plus jamais aucun nouveau membre, notamment pas l'Ukraine et la Géorgie à qui a été reconnue en 2008 la « vocation » à en devenir membre un jour. La marche vers l'Ouest de l'Ukraine, berceau de la civilisation russe et pays le plus peuplé de l'ex-URSS derrière la Russie, est vécue comme une menace existentielle à Moscou.

L'autre traité, surtout, prévoirait un repli spectaculaire de l'Otan, qui a intégré en trois vagues, en 1999, 2004 et 2008, la plupart des pays européens satellites, jadis, de la Russie. Une expansion que Moscou « vit depuis lors comme une menace à sa sécurité », souligne James Kurth, chercheur au Foreign Policy Research Institute, quelles que soient les assurances que donnent les nouveaux membres, ou Washington, Paris, Berlin et Londres.

Il est vrai que les frontières orientales de l'Otan, limitées au XXe siècle à quelques dizaines de kilomètres dans le nord de la Norvège, se sont rapprochées de 1.000 km de la Russie. Elles ne sont plus qu'à 600 km de Moscou, soit « cinq à six minutes de vol de missile » , a fulminé Vladimir Poutine en décembre, ajoutant « nous n'avons plus rien où aller ».

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, qui dirige la délégation à Genève face à son homologue, Wendy Sherman, n'y a pas été par quatre chemins dimanche en précisant l'objectif du Kremlin : « Il est temps pour l'Otan de revenir aux frontières de 1997. » Une époque où l'Alliance atlantique n'avait pas encore intégré, notamment, la Pologne et les Etats baltes - riverains de Moscou - ni la Bulgarie, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie et la Roumanie !

Sans aller forcément jusqu'au tracé de 1997, le Kremlin a précisé que le traité devrait interdire toute présence permanente de soldats américains dans ces pays et le retrait des missiles nucléaires américains déployés en Europe. Aucun n'est déployé officiellement en Europe orientale, l'arsenal nucléaire américain étant concentré sur des bases en Allemagne, Turquie, Italie et Belgique.

« Neutraliser » l'Europe centrale et orientale
En bref, sans aller jusqu'à vouloir réabsorber militairement les pays d'Europe centrale et orientale membres jadis du Pacte de Varsovie, le Kremlin exigerait leur neutralisation. Un peu comme l'est, depuis 1945, la Finlande, au point d'avoir donné naissance au concept de « finlandisation » pour évoquer un pays privé de toute politique étrangère autonome à l'ombre d'un voisin menaçant.

Washington, qui a déclaré que tout engagement sur un retrait de ses forces du sol d'Europe centrale et orientale était inconcevable, espère désamorcer la crise en proposant à Moscou de reprendre des discussions sur le contrôle des armements mutuels, afin de « restreindre les activités militaires et les déploiements de missiles dans la région ».

Mais l'administration Biden a prévenu d'un risque de « confrontations » si l'armée russe entrait en Ukraine. Confrontation qui ne saurait être militaire, en raison du tabou respecté durant toute la Guerre froide selon laquelle jamais un soldat américain ne devait se trouver en position de tuer un soldat russe, et vice-versa.

Menaces militaires et économiques
Mais Washington et ses alliés instaureraient des sanctions économiques « dévastatrices et sans précédent », a affirmé le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, tandis que le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, évoquait lundi un « coût très élevé pour la Russie ».

Des responsables américains ont précisé samedi que ces sanctions pourraient interdire l'exportation vers la Russie de biens et services américains dans le domaine de la défense, de l'aviation civile, ou des hautes technologies. Serait aussi envisagé de couper les firmes russes du système international de paiements swift, et la non mise en service du gazoduc NorthStream 2 acheminant du gaz russe en Allemagne.

Une réunion Otan-Russie, la première depuis trente mois, est prévue mercredi à Bruxelles, puis une rencontre jeudi à Vienne de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), pour inclure les Européens, qui redoutent d'être marginalisés.

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