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دبی، بهشت گمشده قاچاقچیان مواد مخدر اروپا[فیلیو ژان پییر ، لوموند(فرانسه)، 9ژانویه2022]

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قاچاقچیان مشهور مواد مخدر پس از سال ها تبعید طلایی در دبی، به تازگی به فرانسه، ایتالیا یا هلند تحویل داده شده اند.

1-قاچاقچیان مشهور مواد مخدر پس از سال ها تبعید طلایی در دبی، به تازگی به فرانسه، ایتالیا یا هلند تحویل داده شده اند.
2- دبی سابقه طولانی در قاچاق مواد مخدر دارد. امکانات متعددی که بهشت مالیاتی دبی برای مهمانان ثروتمندش تضمین می کند، این امارت را به پایگاهی ممتاز برای قاچاقچیان مشهورمواد مخدر تبدیل کرده است که پلیس اروپا در جستجوی آنها است.
3- در فوریه 2021 ، زمانی که مارکسن،  قاچاقچی فرانسوی، توسط پلیس دبی دستگیر شد، همه چیز  تغییر کرد. اوکه چهل سال قبل در شهر فلامانت مارسی به دنیا آمد، ابتدا برای فرار از جنگ بین «خانواده های مواد مخدر»شهر مارسی به مراکش پناه برد. او در سال 2013 به سختی از تلاش برای قتل جان سالم به در برد. از این تبعید اجباری، به مدیریت صادرات حشیش مراکشی به مارسی ادامه داد. درخواست استرداد وی که در ماه مارس توسط مقامات فرانسوی ارسال شد، ماه گذشته منجر به انتقال وی به مارسی شد که وی به اتهام«واردات مواد مخدر در یک باند سازمان یافته» متهم شد.
4- در مارس 2021، مفید بوچیبی، معروف به «شبح» پس از ده سال فرار در دبی دستگیر شد. سپتامبر گذشته اندکی پس از آن که بوچیبی به فرانسه منتقل شد، توسط دادگاه بوردو به دلیل ورود چندین تن حشیش به فرانسه در سال 2011 به شانزده سال زندان محکوم شد.
5- در اوت 2021، پلیس دبی دستگیری رافائل امپریال، «بارون» مشهور کامورا، مافیای ناپل را که به مدت پنج سال در امارت زندگی می کرد، اعلام کرد. زمانی که پلیس ایتالیا دو تابلوی نقاشی ون گوگ را که در سال 2002 به سرقت رفته بود، در ویلایی متعلق به او در حومه ناپل کشف کرد. امپریال که متهم به مدیریت «شبکه مهم قاچاقچیان بین المللی، به ویژه کوکائین» بود، دستگیر شد.
6- در دسامبر 2019  ریدوان تقی، یکی از مخوف ترین رهبران «ماکرو مافیا» در دبی دستگیر شد، از آن زمان به علت شش قتل و اقدام به قتل توسط دادگاه های هلند به حبس ابد محکوم شد.
7-«ماکرو مافیا» فعالیت خود را به بندر آنتورپ که به قطب قاچاق مواد مخدر در اروپا تبدیل شده است، گسترش داده است.
8- اگرچه  پایان مصونیت از مجازات برای تعداد انگشت شماری از قاچاقچیان مواد مخدر در دبی مورد استقبال قرارگرفته است، اما موضوع خوش خدمتی که به آنها امکان داد  برای مدت طولانی پیشرفت و از این امارت، شبکه های مافیایی خود را مدیریت کنند، همچنان باز است.
اداره کل رسانه های خارجی
ترجمه سیده هاجر محسنیان

 

PUBLIÉ LE09 JANVIER 2022 PAR JEAN-PIERRE FILIU
Dubaï, le paradis perdu des narcotrafiquants européens
Après de longues années d’exil doré à Dubaï, des narcotrafiquants notoires ont été récemment extradés vers la France, l’Italie ou les Pays-Bas.



Rafaelle Imperiale, lors de son arrestation par la police de Dubaï, en août dernier (The National News)

Dubaï, l’un des sept membres de la fédération des Emirats arabes unis, a une longue histoire avec le trafic de stupéfiants. Bien avant l’indépendance de la fédération, en 1971, ce port était une place centrale de la contrebande maritime d’or avec l’Inde et le Pakistan, dont ses bateaux revenaient souvent chargés d’opium, voire d’héroïne, en partie écoulés vers l’Iran. Le « choc pétrolier » de 1973, dont Abou Dhabi, capitale de la fédération, a immensément profité, a rendu obsolètes ces trafics d’un autre âge. Mais les facilités multiples que le paradis fiscal de Dubaï garantit à ses hôtes fortunés ont fait de l’émirat une base de repli privilégiée pour des narcotrafiquants notoires, recherchés par les polices européennes. C’était du moins vrai jusqu’à ce que, récemment, une série d’accords d’extradition mette fin à l’exil doré à Dubaï des barons européens de la drogue.

LE « MARCASSIN » ET LE « FANTOME »

Tout bascule en février 2021 lorsque Hakim Berrebouh, surnommé « Le Marcassin », est arrêté par la police de Dubaï. Né quarante ans plus tôt dans la cité marseillaise des Flamants, ce trafiquant français s’était d’abord réfugié au Maroc pour échapper à la guerre entre les « familles de la drogue » de la cité phocéenne. Son propre frère avait été assassiné en 2014 en plein jour par un commando armé de kalachnikovs et lui-même n’avait échappé que de peu à une tentative de meurtre en 2013. Depuis cet exil forcé, le « Marcassin » continuait de gérer l’exportation de haschich marocain à Marseille à un rythme de plusieurs tonnes par mois, tout en supervisant aussi un important trafic de cocaïne. La demande d’extradition, transmise dès le mois de mars par les autorités françaises, a conduit, le mois dernier, au transfert de Berrebouh à Marseille, où il a été mis en examen pour, entre autres, « importation de stupéfiants en bande organisée ».

En mars 2021, c’est autour de Moufid Bouchibi, dit « Le Fantôme », d’être arrêté à Dubaï après une dizaine  d’années de cavale. La police de Dubaï met en scène, dans une vidéo trépidante, la traque du « plus important trafiquant français de drogue » et les remerciements de la police judiciaire française pour une telle interpellation. Transféré peu après en France, Bouchibi est condamné en septembre dernier, par le tribunal de Bordeaux, à seize années de prison pour l’introduction de plusieurs tonnes de haschich en France en 2011. Il avait déjà été condamné à vingt ans de prison par contumace pour les mêmes faits en 2015. Cette peine est en outre assortie de deux amendes distinctes de quatre et de deux millions d’euros, l’accusé ayant au cours de son interrogatoire envisagé de « payer en cash » une précédente amende d’un million d’euros (son avocat avait aussitôt affirmé qu’il s’agissait d’une « plaisanterie »).



CAMORRA ET « MOCRO MAFFIA »

En août 2021, la police de Dubaï annonce, par le billet ci-dessus, l’arrestation de Rafaelle Imperiale, un « baron » notoire de la Camorra, la mafia napolitaine, installé depuis cinq ans dans l’émirat. Imperiale s’était réfugié à Dubaï au moment où la police italienne avait découvert, dans une villa lui appartenant dans la banlieue de Naples, deux toiles de Van Gogh dérobées en 2002 au musée Van Gogh d’Amsterdam. Accusé de gérer « un impressionnant réseau de trafiquants internationaux, notamment de cocaïne », Imperiale est interpellé en même temps que son bras droit Raffaelle Mauriello, présenté par la police de Dubaï comme « responsable de la préparation et de l’exécution de meurtres et d’assassinats ». Imperiale collaborait en outre à Dubaï avec Ridouan Taghi, un des chefs les plus redoutés de la « Mocro Maffia », ainsi que les narcotrafiquants, souvent d’origine marocaine, sont surnommés aux Pays-Bas. Arrêté à Dubaï en décembre 2019, Taghi a depuis été condamné par la justice néerlandaise à une peine de perpétuité incompressible pour six meurtres et tentatives de meurtre.

La « Mocro Maffia » a étendu ses activités au port d’Anvers, devenu une plaque tournante du trafic de stupéfiants en Europe. « Le Monde » vient de révéler, au terme d’une enquête fouillée sur un tel trafic, que la police belge attend beaucoup de la convention d’extradition signée, il y a à peine un mois, avec les Emirats arabes unis. En ligne de mire se trouve l’ancien docker Othman El Ballouti, un des barons du trafic à Anvers, qui détiendrait une dizaine de propriétés à Dubaï, pour une fortune estimée, selon la presse belge, à plus de huit millions de dollars. Il est loin d’être le seul « narco » toujours recherché à Dubaï, sur la base d’une « alerte rouge » (red notice), diffusée par Interpol pour les criminels les plus dangereux. Même si la fin de l’impunité à Dubaï pour une poignée de narcotrafiquants doit être saluée, la question reste ouverte de la complaisance qui leur a permis aussi longtemps d’y prospérer et de gérer, à partir de cet émirat, leurs réseaux mafieux.

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