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افغانستان: آشفتگی بزرگ زنان در رژیم جدید طالبان[بونا مورگان، ماریان(فرانسه)، 1اکتبر2021]

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یازدهم سپتامبر ، رژیم از رسانه های بین المللی دعوت کرد تا در تجمع زنان «طرفدار طالبان» شرکت کند.

1-یازدهم سپتامبر ، رژیم از رسانه های بین المللی  دعوت کرد تا در تجمع زنان «طرفدار طالبان» شرکت کند.
2- میلیونها دختر جوان نخستین دولت اسلامی افغانستان را بین سالهای 1996 تا 2001 ندیده اند. بیست سال درگیری و اشغال کشورتوسط غرب  دسترسی آنها را به آموزش نیز بهبود بخشیده بود. اما بازگشت طالبان به قدرت در پانزدهم  اوت پایان بی گناهی این نسل جدید زنان را که اکثر آنها از حقوق مساوی محروم شده اند، را مشخص کرد.
3- حدود یک ماه پیش ، خالیده 21 ساله و دو خواهرش در تظاهرات  زنان برای احترام به حقوق خود و مشارکت زنان در دولت «فراگیر»وعده داده شده توسط طالبان ، شرکت کردند. رویارویی در کابل خشم یکی از مردان امارت را برانگیخت و طالبان به صورت زن جوان ضربه وارد کردند.
4- در اکتبر 2001 ، خالیده تقریباً یک ساله بود. او اولین دولت اسلامی طالبان را به خاطر نمی آورد. او می گوید: « مادرم اغلب به ما می گفت که چگونه مردان و زنان شلاق می خورند. در طول تظاهرات ، وقتی مرا مورد ضرب و شتم قرار دادند ، من آن وحشیگری را که مادرم به ما می گفت احساس کردم. آنها تغییر نکرده اند و تغییر نخواهند کرد. »
5-. از زمان بحران اقتصادی ناشی از سقوط جمهوری اسلامی ، بسیاری از افغان ها متحمل کاهش قابل توجهی از درآمد خود شده اند. و خانواده هایی که همه یا بخشی از درآمد آنها به زنان بستگی داشت  ، اقتصاد کل خانواده در حال فروپاشی است. خالیده با شکوه می گوید: «آنها می گویند ما اجازه نداریم به دفتر برویم. قبلا درآمد داشتیم اما امروز شغل خود را از دست داده ایم. در جامعه طالبان ، زنان هیچ نقشی جز برده بودن مردان ندارند: ماندن در خانه ، نظافت و آشپزی. »
6- نیلام 18 ساله می گوید: « تا آنجا که به یاد دارم ، تاریخ افغانستان درست همان است: جنگ ، جنگ و جنگ. من می خواستم صلح را در کشورم برقرار کنم. من دوازده سال درس خواندم اما دیگر جایی برای ما دختران در رژیم طالبان وجود ندارد. ما قادر نخواهیم بود از دانش خود استفاده کنیم. طالبان به زنان اجازه نمی دهد وزیر ، وکیل یا دیپلمات شوند. »
7- با وجود اظهارات رسمی دولت اسلامی ، هیچ بازگشت عادی به دبیرستان و تحصیلات عالی دولتی برای دختران وجود ندارد. قوانین جدید جدایی شدید بین دختران و پسران را تحمیل می کند و دانش آموزان دختر را مجبور به پوشیدن «حجاب اسلامی» می کند ، حجابی مشکی یکنواخت که تمام بدن و صورت ، از جمله چشم ها را می پوشاند.»
8- دیوا احمدزی 20 ساله، زن جوان ومعلم انگلیسی و عربی، به زنان روزنامه نگار گفت: «ما از دولت اسلامی افغانستان حمایت می کنیم.» زمانی که درباره سرنوشت نامشخص زنان استاد صحبت شد، احمد زی طفره می رود و می گوید: «انشاءالله بعداً در مورد آن صحبت خواهیم کرد.» اوبا انگلیسی ناقص استفاده ابزاری از حقوق بشر برای توجیه جنگ در افغانستان را محکوم کرد.
9- احمدزی می گوید: «این یک جنگ استعماری و ایدئولوژیکی بود. به مدت بیست سال ، غرب مردم را به ویژه زنان تحت فشار قرار داده تا علیه طالبان صحبت کنند. این زنانی که از وضعیت نامناسب زنان در دوران حکومت طالبان به رسانه های غربی شکایت کردند ، تحت تأثیر استعمار امریکا و اشغال ایدئولوژیک بودند. آنها ارزشهای خود را فراموش کردند و آنهایی را که امریکا پیشنهاد کرده بود، انتخاب کردند. اما دمکراسی هیچ ریشه تاریخی در افغانستان ندارد. واقعیت این است که افغان ها از طالبان حمایت می کنند. خواهران من ، ما از برادران طالبان و مجاهدین خود حمایت می کنیم.»
10-خلیده می گوید: «هیچ زنی از طالبان حمایت نمی کند ، از جمله زنانی که تحصیلات اسلامی دارند این زنان که در تجمع حمایت از طالبان شرکت کرده بودند اکثراً اجباری بود. بسیاری از آنها بی سوادند. فقط دو دلیل پول یا تهدید برای ابراز حمایت از طالبان وجود دارد.»
11- او می گوید: «اسلامی که من شناخته ام نشان می دهد که بدن دیده نمی شود اما صورت و دست ها دیده می شود. من همیشه به آن احترام گذاشته و حجاب می پوشیدم. اما طالبان حجاب من را رد می کنند. پوشش «اسلامی» که آنها می خواهند ، این چادر تیره ، من آن را قبول ندارم. هدف آنها حذف زنان از جامعه است. »
اداره کل رسانه های خارجی
ترجمه: سیده هاجر محسنیان

Afghanistan : le grand désarroi des femmes sous le nouveau régime taliban
Le 11 septembre dernier, le régime avait invité la presse internationale à assister à un rassemblement de femmes « pro-talibans ».
Par Morgane Bona , envoyée spéciale en Afghanistan
Publié le 01/10/2021 à 16:07

Des millions de jeunes filles n'ont jamais connu le premier Émirat islamique d'Afghanistan, entre 1996 et 2001. Les vingt ans de conflit et d'occupation occidentale du pays ont par ailleurs favorisé leur accès à l'éducation. Mais le retour des talibans au pouvoir, le 15 août dernier, a marqué la fin de l'innocence pour cette nouvelle génération de femmes rompues à l'égalité des droits pour la plupart…
Dans les ténèbres de la nuit afghane, la famille Sadat dîne modestement. Les assiettes de légumes épicés et le pain sont accompagnés d’un soda américain. La lueur de la lanterne à gaz souligne les traits brisés de Khalida. La jeune femme peine à manger. La douleur la saisit. Elle place rapidement sa main sous son nez cassé pour vérifier qu’il ne saigne pas : fausse alerte. « C’est douloureux, explique-t-elle. J’ai du mal à manger et dormir. Dès qu’il y a du vent ou qu’il fait froid, c’est pire ».

Il y a bientôt un mois, Khalida, 21 ans, et ses deux sœurs, ont participé à une manifestation de femmes pour le respect de leurs droits et l’intégration de femmes dans le gouvernement « inclusif » promis par les talibans, près du palais présidentiel de Kaboul. Un affront qui a suscité la colère d’un des hommes de l’Émirat. Furieux, le taliban en kurta, un vêtement traditionnel, a frappé la jeune femme au visage.

Khalida avait à peine un an lorsque la guerre contre les talibans, déclarée par l’administration Bush, s’est abattue le 7 octobre 2001 sur l’Afghanistan. Elle ne se souvient pas du premier Émirat islamique, au pouvoir depuis 1996. « J’étais trop jeune » explique-t-elle, avant de poursuivre : « Mais ma mère nous racontait souvent comment hommes et femmes étaient fouettés. Lors de la manifestation, quand ils m’ont battue, j’ai ressenti cette brutalité dont nous parlait ma mère. Ils n’ont pas changé et ne changeront pas ».

MANQUE À GAGNER
Depuis la prise du pouvoir par le mouvement islamique le 15 août dernier, la jeune femme, qui est veuve, a arrêté de travailler et d’étudier, tout comme ses sœurs. Les nouvelles règles affectent non seulement l'avenir de ces jeunes femmes qui auraient pu s'émanciper par le travail, mais touchent aussi leur présent immédiat.

Désormais, la maisonnée dépend totalement des salaires dérisoires gagnés par les trois frères de cette famille de la classe moyenne. Beaucoup d’Afghans subissent une diminution considérable de leurs ressources depuis la crise économique provoquée par la chute de la République islamique.

Et pour ceux dont tout ou une partie des revenus dépendait des femmes, notamment les familles de veuves, tout une économie familiale s’écroule. Khalida se désole : « Ils disent que nous ne sommes pas autorisées à aller au bureau. Nous rapportions de l’argent à la maison mais aujourd’hui, nous avons perdu nos emplois. Que va-t-il advenir si nous ne pouvons plus acheter de quoi manger ? Dans la société des talibans, la femme n’a aucun rôle, excepté celui d’être l’esclave des hommes : rester à la maison, nettoyer et faire à manger. »

« GUERRE, GUERRE, GUERRE… »
Une vision pessimiste discrètement partagée par Nilam, 18 ans, rencontrée quelques jours auparavant entre les murs blafards d’un centre commercial de la capitale. L’orpheline, qui a perdu son père dans un échange de tirs entre l’armée américaine et les talibans, aspirait à devenir diplomate. « D’aussi loin que je me souvienne, l’histoire de l’Afghanistan, ce n’est que ça : guerre, guerre et guerre, déclare-t-elle. Je voulais apporter la paix dans mon pays. J’ai étudié durant douze ans mais il n’y a plus de place pour nous, les filles, dans le régime taliban. Poursuivre des études ? Pour quoi faire ? Nous ne pourrons pas utiliser notre savoir. Les talibans ne permettront pas aux femmes d’être ministres, avocates ou diplomates. »

Malgré les déclarations officielles de l’Émirat, il n’y a pas eu, pour les filles, de retour à la normale des cours du secondaire et de l’enseignement supérieur public. Les nouvelles règles imposent une stricte ségrégation entre garçons et filles et contraignent les étudiantes à porter le « hijab islamique », un voile noir uniforme qui couvre tout le corps et le visage, y compris les yeux.

Les talibans ont d'ailleurs mis en scène cette tenue, jusqu’alors inconnue en Afghanistan, le 11 septembre dernier. Le régime avait invité la presse internationale à assister à un rassemblement de femmes « pro-talibans ». Environ 300 silhouettes sombres ont assisté à une suite de discours en dari – l'une des deux langues officielles du pays avec le pachto – en arabe et en anglais dans un amphithéâtre de l’Université Shaheed Rabbani.

DIWA, LA PASIONARIA TALIBANE
Ce jour-là, au premier rang, Diwa Ahmadzai, 20 ans, attend d’entrer en scène. La jeune femme, professeur d’anglais et d’arabe sans jamais avoir été sur les bancs de la faculté, doit intervenir devant l’assemblée. « Nous soutenons l’Émirat islamique d’Afghanistan, assure-t-elle aux femmes journalistes, seules autorisées à s’entretenir avec les ombres de l’Émirat. Nous venons de différents centres d’enseignement de Kaboul, certaines viennent d’universités et d’autres de centres d’études islamiques. »« Nous avons organisé cela par nous-mêmes », ajoute-t-elle,bien que l’évènement semble coordonné par un certain monsieur Waqas. Lorsque le sort incertain des femmes professeures est abordé, la jeune femme élude : « Nous en parlerons plus tard, si Dieu veut ».

Entre ses mains gantées, son discours est manuscrit sur deux feuilles recto verso d’un cahier au lignage rose, encadré de cœurs et d’arabesques fuchsia. Les mots sont davantage une attaque contre la coalition internationale responsable des vingt ans de guerre dans son pays qu’un argumentaire en faveur des talibans qui en sont aujourd’hui les maîtres. Dans un anglais approximatif, Diwa Ahmadzai dénonce l’instrumentalisation des droits humains pour justifier la guerre en Afghanistan.

« C’était une guerre coloniale et idéologique, affirme-t-elle. Pendant vingt ans, les Occidentaux ont poussé les gens, en particulier les femmes, à élever leur voix contre les talibans. Ces femmes qui se plaignaient de la condition inappropriée des femmes durant la gouvernance des talibans aux médias occidentaux, n’ont pas passé un seul jour dans l’Émirat. Ces personnes ont été influencées par le colonialisme américain et l’occupation idéologique. Elles ont oublié leurs valeurs et ont choisi celles proposées par les États-Unis. La démocratie n’a pourtant aucun ancrage historique en Afghanistan. La réalité, c’est que les Afghans soutiennent les talibans. Mes sœurs, nous soutenons nos frères talibans et moudjahidines. »

EFFACER LES FEMMES
Un soutien féminin que Khalida refuse de reconnaître. « Pas une femme ne soutient les talibans, y compris celles qui ont suivi des études islamiques, estime la jeune manifestante pour le respect des droits de femmes. Ces femmes qui ont participé au rassemblement de soutien aux talibans ont été forcées pour la plupart. Beaucoup ne sont pas éduquées. Je ne vois que deux motifs pour exprimer ainsi leur soutien aux talibans : soit pour l’argent, soit parce qu’elles ont été menacées. Je connais ma religion et elle n’est pas ainsi. Elles ne sont pas pleinement consentantes. »

Choquée par les images du rassemblement de soutien aux talibans, la jeune femme ajoute en effleurant le voile orange qui encadre son visage meurtri. « L’islam que j’ai étudié indique que le corps ne doit pas être vu, seulement le visage et les mains, déclare-t-elle encore. J’ai toujours respecté cela et porté le voile. Mais les talibans refusent mon hijab. La tenue "islamique" qu’ils exigent, cette tente obscure, je ne l’accepte pas. Leur objectif c’est d’effacer les femmes de la société. »

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