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صحنه هایی از کشتار و شورش در بغداد [ویرژینی لوبوروین، لاکروا (فرانسه)، 6 اکتبر 2019] (اداره کل رسانه های خارجی، مترجم: سیده هاجر محسنیان)

از روز سه شنبه اول اکتبر هزاران عراقی خشمگین از بیکاری و فساد، هر روز قدرت حاکم را به چالش می کشند. بنابر گزارش کمیسیون حقوق بشر دولت عراق، در کمتر از یک هفته بیش از 100 نفر کشته و 4 هزار نفر دیگر در درگیری های بی سابقه مجروح شده اند.

صحنه هایی از کشتار و شورش در بغداد
1-از روز سه شنبه اول اکتبر هزاران عراقی خشمگین از بیکاری و فساد، هر روز قدرت حاکم را به چالش می کشند.
2-بنابر گزارش کمیسیون حقوق بشر دولت عراق، در کمتر از یک هفته بیش از 100 نفر کشته و 4 هزار نفر دیگر در درگیری های بی سابقه مجروح شده اند.
3- این جنبش های خودجوش جوانانی که هیچ چیز را برای از دست دادن ندارند و خشونت های بی سابقه ناشی از آن موضوع خبر همه رسانه ها شده است.
4-با وجود قطع اینترنت، فیلم ویدیویی آخرین تجمعات و تظاهرکنندگان در بغداد رد و بدل می شود.
5- شدت سرکوب ها حتی تظاهرکنندگان سابق را غافلگیر کرده است.
6- در بیمارستان شیخ زاید، کارکنان شب تا دیروقت مشغول معالجه دهها مجروحی هستند که به بیمارستان آورده اند.
7-خلدون صائب، پزشک داوطلب، می گوید که تک تیراندازها از نیروهای انتظامی نیستند بلکه از شبه نظامیان اند.
8-معترضان در مورد هدف جنبش اختلاف نظر دارند. عده ای خواستار برکناری نخست وزیر و عده ای دیگر اخراج همه نمایندگان را می خواهند. برخی خواستار  تغییر رژیم رادیکال اند و عده ای نظریه دیکتاتوری نظامی را در سر می پرورانند.
9-روزنامه لیبرال البینا الجدیده خاطرنشان می کند که جنبش اجتماعی به صورت خودجوش برای نخستین بار بدون پرچم، بدون پوستر و بدون شعارهای حزب خود را معرفی می کند.
10-بیکاری جوانان، فقدان خدمات عمومی، فساد نخبگان، عزل ژنرال «قهرمان» فتح موصل یا نفوذ ایران بر عراق دلایل خشم معترضان است.
11- روز یکشنبه ششم اکتبر دولت مجموعه اقداماتی از جمله کمک هزینه مسکن، مقرری برای جوانان بیکار، ساخت 100 هزار مسکن، استقرار سالن هایی برای فروشندگان دوره گرد ... را اتخاذ کرد.
12- اسقف کلدانی مستقر در بغداد با ابراز نگرانی خود برای بسیاری از قربانیان،خواستار گفتگو برای یافتن راه حل برای خواسته های مشروع تظاهرکنندگان شد.
منبع: اداره کل رسانه های خارجی

 

À Bagdad, scènes de carnage et de révolution
Depuis mardi 1er octobre, des milliers d’Irakiens exaspérés par le chômage et la corruption défient chaque jour le pouvoir en place. En moins d’une semaine, le bilan est déjà effrayant : près de 100 personnes auraient été tuées et 4 000 autres blessées dans des heurts sans précédent.
•    Virginie Le Borgne, envoyée spéciale à Bagdad (Irak),
•    le 06/10/2019 à 15:58
•    Modifié le 06/10/2019 à 19:11


Derrière ses montures imposantes, Ali Almikdam dévoile des yeux verts illuminés par la volonté d’en découdre. Quand il n’est pas sur le front des manifestations, cet Irakien de 21 ans enchaîne les cigarettes dans un café du centre de Bagdad, proclame à l’envi que les soulèvements ne s’arrêteront pas, et coordonne avec ses amis les regroupements à venir.
Tous les jours, depuis mardi 1er octobre – soit un an après l’arrivée au pouvoir du gouvernement du premier ministre Adel Abdul Mahdi –, Ali rejoint les milliers d’Irakiens qui s’insurgent contre l’incurie politique.
En moins d’une semaine, les heurts violents qui ont opposé les manifestants aux forces de l’ordre auraient fait au moins 99 morts et près de 4 000 blessés, selon la commission gouvernementale des droits de l’homme irakienne.
Internet coupé

Ces mouvements spontanés, lancés par des jeunes qui n’ont déjà plus rien à perdre, et les violences sans précédent qui en découlent se retrouvent sur toutes les lèvres. En l’absence d’Internet, coupé au troisième jour des soulèvements, les vidéos du dernier rassemblement et des manifestants qui y ont laissé leur peau passent de main en main dans Bagdad.
En fond, l’alternance entre le calme inhabituel de quartiers plongés dans un couvre-feu et les salves de tirs des lieux où les opposants défient les forces de l’ordre, à coups de jets de pierres et de pneus brûlés.
De l’argent, quasiment impossible à retirer, aux denrées alimentaires, dont les prix enflent, en passant par les arrestations et raids nocturnes qui ciblent activistes et journalistes, Bagdad, coupé du monde, sombre sous une chape de plomb.
Escalade de la répression
Chaque jour, le décompte des victimes, morts et blessés, se faufile en ville comme une traînée de poudre ; et un nouveau degré de violences semble atteint. De l’eau chaude versée sur la foule le premier jour, puis l’usage massif des gaz lacrymogènes, enfin des balles tirées en l’air puis directement sur les réfractaires. La violence de la répression choque même les manifestants de longue date.
Les hôpitaux qui entourent les places Tahrir et Tayaran, ainsi que les différents ministères devant lesquels se déroulent les manifestations, se retrouvent pris d’assaut. Dans l’hôpital Cheikh Zayed, le personnel s’affaire, jusqu’à tard le soir, pour soigner les dizaines de blessés qui affluent. « Ils m’ont même demandé si je ne connaissais pas des docteurs disponibles, car ils n’en ont pas assez », explique Ali.
À quelques mètres, Moussa, 16 ans. Il explique qu’il a reçu une grenade lacrymogène sur le pied. « Ils m’ont ensuite laissé par terre, comme un chien, les policiers présents ont refusé que je reçoive des soins car je suis un manifestant », ajoute-t-il. Il a finalement été conduit à l’hôpital.
Tirs de snipers
De retour d’une journée traumatisante, Khaldun Saab, volontaire chargé des premiers soins, peine à trouver ses mots : « Je ne dors pas depuis trois jours, mais j’ai secouru 500 blessés. Aujourd’hui, j’ai vu deux snipers tuer un jeune devant moi. Il est tombé d’un coup. J’ai voulu l’aider mais un deuxième adolescent s’est écroulé juste après. » Ce médecin est persuadé que les snipers ne font pas partie des forces de l’ordre irakiennes, qu’ils appartiennent plutôt à des milices. Un avis que partagent de nombreux manifestants.
Si ces derniers s’accordent sur le fait que la situation présente est inacceptable, ils divergent sur la finalité du mouvement, aux allures de révolution qui ne dirait pas son nom. Certains souhaitent le départ du premier ministre, d’autres celui de l’ensemble des députés. D’aucuns prêchent le changement radical de régime, quand certains caressent l’idée d’une dictature militaire…
« Qu’importe la direction prise, elle sera toujours meilleure que l’actuelle », estime l’activiste Mohammed Al Daraji. De son côté, Ali continue à y croire, malgré les massacres : « Je suis prêt à perdre ma vie pour mon pays, pour avoir enfin accès à la liberté et à un futur. » Celui-ci semble désormais s’écrire au présent.
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Les revendications et les réponses de Bagdad
Le mouvement social se présente comme spontané, « pour la première fois sans drapeau, sans affiches et sans slogans de parti », note le quotidien libéral Al-Bayina Al-Jadida.
Parmi les motifs de colère : le chômage des jeunes, la déliquescence des services publics,
la corruption des élus, le limogeage d’un général « héros » de la reprise de Mossoul ou la mainmise de l’Iran sur le pays.
Le gouvernement a pris, dimanche 6 octobre, une série de mesures : aide au logement, pensions pour les jeunes sans emploi, construction de 100 000 logements, installation de halles pour les vendeurs ambulants…
Le Patriarcat chaldéen – basé à Bagdad – a exprimé « sa grande préoccupation » et « son profond chagrin pour les nombreuses victimes » et appelle au dialogue pour trouver des solutions aux « revendications légitimes » des manifestants.

https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/A-Bagdad-scenes-carnage-revolution-2019-10-06-1201052402

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